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Houx sous la révolution (1789-1799)



Articles publiés en 1989 dans la Gazette de Houx (N° 49 à 52), à l’occasion de la commémoration du Bicentenaire de la Révolution Française, par Philippe ROGER.



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La convocation des états généraux à Versailles

I- La convocation des États Généraux
 
1789. Le roi Louis XVI a convoqué les États Généraux pour le 5 mai à Versailles, afin de trouver une solution à la banqueroute du Trésor, qui impose une réforme de la fiscalité du royaume. A cette occasion et comme le veut l'usage, il invite ses sujets à faire connaître doléances, plaintes et remontrances.
 
L'assemblée des habitants
 
C'est le dimanche 8 mars 1789, à la sortie de la grande messe paroissiale que se réunissent les habitants de Houx, afin de rédiger leur cahier de doléances et de choisir les deux députés qui siégeront à l'assemblée du Tiers Etat du bailliage royal de Montfort l'Amaury, dont dépend le village et qui doit s'ouvrir le lundi 16 mars.
 
« Aujourd'huy dimanche 8 mars 1789, en l'assemblée convoquée au son de la cloche, en la manière accoutumée, sont comparus en personnes devant nous Jean Louis Cochon, bailly de ce lieu, Sieur Nicolas Legoy, sindic de notre assemblée municipale de la paroisse de Houx, Jean Baptiste Legrain, Georges Girard et Jean Huë, membres de la ditte assemblée, Jacques Férant, Nicolas Marais, Jean Prévost, Jacques Baurain, Georges Girard, Louis Girard, Jean Legrain, Simon Raveneau, Philippe Blin, Jean Martin, Michel Ménager, tous nés françois, âgés de vingt cinq ans, compris dans les rôles des impôsitions, habitants de Houx, composée de cinquante cinq feux.
 
Lesquels, pour obéïr aux ordres de Sa Majesté, portés par lettres données à Versailles le 24 janvier 1789, pour la convocation et tenue des Etats Généraux du Royaume et satisfaire aux dispositions du règlement y annexé, ainsi qu'à l'ordonnance de Monsieur le Bailly du bailliage de Montfort l'Amaury ou Monsieur son Lieutenant Général, dont ils nous ont déclaré avoir une parfaite connoissance, tant par la lecture qui vient de leur être faite, que par la lecture et publication ci devant faites au prône de la messe paroissiale par Monsieur le Curé le premier mars et par la lecture, publication et affiche, pareillement faite le même jour, à l'issue de la ditte messe de paroisse, au devant de la porte principale de l'église, nous ont déclaré qu'ils alloient d'abord s'occuper de leur cahier de doléances, plaintes et remontrances. Et en effet, y ayant vacqué, ils nous ont représenté ledit cahier, qui a été signé par nous.
 
Et de suitte, les dits habitants, après avoir murement délibéré sur le choix des députés qu'ils sont tenus de nommer, en conformité des dittes lettres du Roy et règlement y annexé et les voyx ayant été par nous recueillies en la manière accoutumée, la pluralité des suffrages s'est réunie en faveur des Sieurs Nicolas Legoy et Charles Poussard, qui ont accepté la ditte commission et promis de s'en aquitter fidellement.
 
La ditte nomination des députés ainsi faite, les dits habitants ont, en notre présence, remis aux dits Sieurs Nicolas Legoy et Charles Poussard, leurs députés, le cahier, afin de le porter à l'assemblée qui se tiendra le seize mars prochain devant Monsieur le Bailly, à Montfort l'Amaury. Et leur ont été donné tous pouvoirs requis et nécessaires, à l'effet de les représenter en la ditte assemblée, pour toutes les opérations prescrites par l'ordonnance susditte de Monsieur le Bailly, comme aussi de donner tous pouvoirs généraux et suffisans de proposer, remontrer la misère et consentir tout ce qui peut concerner le besoin de l'Etat, la réforme des abus, l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration, la prospérité générale du Royaume et le bien de tous et chacun des sujets de Sa Majesté. Et de leur part, les dits députés se sont présentement chargés du cahier des doléances de la paroisse de Houx et ont promis de le porter à la ditte assemblée et de se conformer à tout ce qui est prescrit et ordonné par les dittes lettres du Roy, règlement y annexé et ordonnance susdattée. »
 
Les députés
 
Nicolas Legoy, laboureur âgé de 53 ans est l’ancien meunier du moulin de Houx qu’il a exploité de 1757 à 1787. Il est également le syndic de la paroisse, c'est à dire le représentant des habitants auprès de l'administration royale, chargé notamment de répartir entre eux la taille, impôt royal direct dû par la paroisse.
 
Charles Poussard, 32 ans, est lui aussi laboureur.
 
Le curé et le seigneur
 
Les deux autres ordres: clergé et noblesse, sont représentés au village par le curé et le seigneur. Tous deux ont le droit de siéger directement aux assemblées de leurs ordres.
 
Louis Challine, curé de Houx se fait représenter à l'assemblée du clergé de Montfort par Pierre Joseph de Gilibert, curé de Boutigny, car il ne peut, conformément au règlement royal, quitter sa paroisse, n'ayant pas de vicaire pour le remplacer.
 
Quant au seigneur du village : Jean François de la Roche­foucault, vicomte de la Rochefoucault, maréchal des camps et armées du Roy, lieutenant général pour le Roy au gouvernement de Navarre et province de Béarn, comte de Morville, seigneur de Hanches, Les Loreaux, Gas, Houx, Marolles, Houdreville, Armenonville, Le Thuilley, Faverolles et autres lieux, demeurant à Paris, en son hostel, rue de Varenne, paroisse Saint Sulpice, c'est Claude Louis, marquis de Saisseval, colonel des dragons, demeurant à Paris, qui le représente à l'assemblée de la noblesse de Montfort.
 
 
II- L'administration municipale


Sous l'ancien régime, seules les villes disposaient J'une organisation municipale. A la campagne, les décisions intéressant la communauté villageoise étaient prises par l'assemblée de paroisse, composée des chefs de famille, qui se tenait habituellement les dimanches, à la sortie de la grande messe paroissiale.
 
Le Conseil Général(1790-1795)
 
En février 1790, l'Assemblée Constituante met en place une organisation municipale. Chaque commune est administrée par un conseil général composé de dix membres élus au suffrage censitaire. Pour avoir droit de voter, il faut être citoyen actif, c'est-à-dire âgé de 25 ans et payer au moins trois livre de cens (contribution directe). Pour être éligible, le montant de cens requis est de dix livres. Ainsi, Houx ne compte seulement que 40 citoyens actifs en 1790, alors que la population s'élève à 267 habitants.
Le Conseil Général se compose d'un maire et de deux officiers municipaux qui forment le corps municipal et de six notables. Un procureur est chargé de défendre les intérêts communaux.
A Houx, sa première réunion a lieu le 14 février 1790 et la dernière le 15 brumaire an IV (6 novembre 1795). Trois municipalités vont se succéder:
 
1re municipalité (février 1790 - novembre 1791)
Maire : Nicolas Legoy, 54 ans, laboureur.
Officiers municipaux: Jean Prévost, 39 ans, maréchal-ferrant ; Louis Girard, 34 ans, vigneron.
Procureur : Jacques Ferrand, 39 ans, vigneron.
 
2ème municipalité (novembre 1791 / décembre 1792)
Maire : Jean Gauthier, 43 ans, vigneron.
Officiers municipaux: Jean Prévost, 41 ans, maréchal-ferrant ; Jacques Baurain, 42 ans, vigneron.
Procureur : Louis-Charles Poussard, 35 ans, vigneron.
 
3ème  municipalité (décembre 1792 / novembre 1795)
Maire : Jacques Baurain, 44 ans, vigneron.
Officiers municipaux: Pierre Vigueur, 38 ans, sabotier Pierre Cailleaux, 41 ans, vigneron.
Procureur: Jean-Baptiste Girard, 32 ans, vigneron.
 
La Municipalité cantonale d'Epernon (1795 - 1800)
 
La Constitution de l'an III qui institue le Directoire, supprime les conseils généraux communaux. Les petites communes sont réunies en municipalités cantonales, où chacune d'elle est représentée par un agent municipal et un adjoint. La nouvelle municipalité est dirigée par un président et un commissaire du directoire exécutif. Houx se trouve alors rattaché à Épernon.
 
Agents municipaux de Houx :
 
- Nicolas Legoy (novembre 1795 / mai 1797), 60 ans, ancien cultivateur
- Louis Girard (mai / juin 1797), 40 ans, vigneron
- Jean Prévost (juin 1797 / juillet 1799),  45 ans, maréchal-ferrant
- Jacques Baurain (Juillet 1799 / mai 1800), 51 ans, vigneron
 
Le regroupement des petites communes visait notamment à remédier au peu de lumières de leurs représentants. Cet objectif fut cependant difficile à atteindre, ainsi qu’en témoigne la délibération de la Municipalité cantonale d'Épernon, dans sa séance du 27 juin 1797 :
« Aujourd'huy neuf messidor an cinq de la République Françoise une et indivisible, onze heures du matin, en la séance publique de l'administration municipale du canton d'Epernon, où étoient les citoyens Roger, président, Charier, Tredhan, Genty, Dujat, agents municipaux et Levier, commissaire du directoire exécutf.
Est comparu le citoyen Louis Girard, agent municipal de la commune de Houx. Lequel a exposé qu'il lui étoit impossible de continuer les fonctions d'agent municipal plus longtemps, motivé sur son peu de lumières, ne pouvant pour ainsy dire que signer son nom. En conséquence, qu'il prioit l'administration de bien vouloir accepter sa démission et d'en nommer un autre à sa place.
L'administration lui ayant marqué le regret qu'elle avoit d'accepter sa démission, lui a demandé qu'il désigna un citoyen probe et patriote pour lui succéder dans cette fonction, a présenté le citoyen Jean Prévost, de ladite commune.
Lequel présent a accepté et a presté le serment exigé par la loi et de bien remplir ses devoirs. »
 
Les municipalités cantonales disparurent en 1800, après l'arrivée au pouvoir de Bonaparte et l'instauration du Consulat. Chaque commune étant désormais dotée d'un conseil municipal, sous la forme que nous lui connaissons actuellement, à la seule différence que les membres  étaient nommés par les préfets.
 
 
III- La population


En 1789, le village se composait de 55 feux, c'est-à-dire 55 foyers ou familles. Pour 1790, nous savons avec précision que la population s'élevait à 267 habitants.
Un recensement effectué en février 1796 et portant sur les habitants âgés de plus de douze ans, permet de connaître la composition de cette population.
 
Sur les 163 personnes ainsi recensées, 64 sont créditées d'un métier:
 
Paysans:
 
6 cultivateurs
56 vignerons
10 journaliers
1 berger;
1 chartier;
4 domestiques de ferme
 
Artisans:
 
4 maréchaux-ferrants (le père travaillant avec trois de ses fils)
1 tisserand
1 sabotier
 
Ce recensement indique également que 113 personnes sont natives de Houx et que 55 sont originaires d'une autre commune.


Assignat de mille livres

IV- Les biens nationaux
 
Les propriétés du clergé, déclarés biens nationaux par l'Assemblée Constituante, sont mis en vente à partir de mai 1790, pour combler le déficit du Trésor. Sur le territoire communal sont concernées les propriétés de la cure de Houx, la Chapelle Saint-Mamert et les propriétés que les cures des paroisses voisines possèdent à Houx. Ces biens, essentiellement, des terres, étaient louées aux paysans, procurant ainsi avec la dîme les revenus nécessaires à l'entretien du culte.

A Houx, la vente de ces biens nationaux va s'étaler de mars 1791 à novembre 1796 et rapportera 97 455 livres, qui se répartissent ainsi :
 
Biens appartenant à la cure de Houx : 42 560 livres
 
Biens situés à Houx, mais appartenant à des cures extérieures :
 
Cure de Maintenon:                               50 205 livres
Cure de Yermenonville                            1 075 livres
Cure de Gas:                                               500 livres
 
Chapelle Saint-Mamert:                           1 115 livres
Les ventes aux enchères publiques ont lieu à Chartres, dans l'ancien couvent Saint-Jean, dès qu'un citoyen en fait la soumission. Le paiement s'étale sur douze années.
 
Cure de Houx
 
° Le presbytère « composé d'un vestibule, une cuisine, deux cabinets y attenant, une chambre à feu et un petit cabinet à côté, au premier, une petite chambre à coucher et un petit cabinet y attenant, un grenier, une cave, une écurie, un hangar, un poulailler et un grenier dessus, deux petits granges, une étable, un jardin et un fournil… » est adjugé conjointement le 14 août 1796 à Jean Gauthier, vigneron à Houx et à Jacques Cartier, cultivateur à Changé pour 1.980 livres.
Situé à l'emplacement de l'actuelle mairie-école, il fut rasé lors de la construction de celle-ci en 1873, les bâtiments qui abritaient alors la mairie et l'école étant devenus trop vétustes et trop exigus.
° Une maison et son jardin, près de l'église, qui servaient de logement au bedeau sont adjugés le 28 janvier 1794 à Eloi Haran, tisserand à Houx pour 1 000 livres.
 
° Terres labourables : 7 ha  12 ares
  Près :                        1 ha   50 ares
  Vignes :                             32 ares
  Aunaies :                           15 ares
 
 
Cure de Maintenon (biens situés à Houx)
Terres labourables: 12 ha 29 ares
Près: 79 ares
 
Autres cures (Yermenonville et Gas, biens situés à Houx)
Terres labourables : 59 ares
Près : 12 ares
 
 
Chapelle Saint-Mamert
 
Elle est adjugée le 29 mars 1792 à Michel Jolly, bourgeois à Maintenon pour 1 115 livres.
 
Celui-ci en prend possession le 2 avril : 
 
« L'an 1792, le deux avril après midy, en conformité J'une lettre du sieur Levassort, procureur sindic du district de Chartres, adressée aux officiers municipaux de la commune de Houx, je me suis, Jean Gauthier, maire, accompagné du sieur Jolly, acquéreur de la chapelle Saint-Mamert, transporté expres dans laditte chapelle pour inventorier ce qui dépandoit des tableaux ornements.
1° Premièrement. En l'hotèle, j'ai trouvé un tableau représentant Saint-Mamert.
2° Un petit crucifix de bois, valant environ trois sols.
3° Quatre pots à fleurs, à l'hotète, pouvant valloire vingt sols.
Voilà Monsieur tous les ornements qui sont actuellement dans laditte chapelle et le surplus desdits ornements sont ché Jean Courtois, laboureur demeurant au Parcq, paroisse de Maintenon, qui en a été gardien depuis plus de trente ans. Et ceux qui sont dans la chapelle sont restés à la garde dudit acquéreur gui s’offre d'en répondre et a signé avecque moy, Jean Gauthier, maire.
Fait à ladite chapelle, ledit jour et an que dessus.»
 
Les acquéreurs
 
Les acquéreurs des biens nationaux situés sur la commune sont au nombre de 21, dont 18 sont habitants du village.
 
Principaux acquéreurs:
 
Louis Guy Legoy, laboureur et meunier 14 450 livres
Georges Girard, laboureur                     12 775 livres
Jean Prévost, maréchal-ferrant                 8 600 livres
Charles Poussard, laboureur                     6 070 livres
Pierre Poussard, vigneron                        5 370 livres
Jean Gauthier, vigneron                           4 910 livres
Michel Jolly, bourgeois à Maintenon        4 910 livres
 
La vente des biens nationaux profite donc essentiellement aux habitants de Houx, bien que quelques bourgeois chartrains furent aussi candidats à leur acquisition. Il faut dire que les habitants n'hésitèrent pas à se regrouper pour l'acquisition des lots les plus importants. Ainsi le 4 août 1796, un lot de 12 ha 30 de terres labourables et près, en 52 pièces, dépendant de la cure de Maintenon, est-il adjugé solidairement à 14 des habitants, pour la somme de 50 000 livres.
 
V- Louis Challine, curé de Houx
 
Louis Challine, curé du village sous la Révolution, était arrivé à Houx en 1778. Il était né en 1734, dans une famille de cordonniers chartrains.
 
La constitution civile du clergé (1791)
 
La nationalisation des biens du clergé ayant, avec la disparition de la dîme, privé l'Eglise de toute source de revenus, l'Etat décide de prendre à sa charge l'entretien du culte et celui de ses desservants. Les ecclésiastiques seront désormais des fonctionnaires publics recevant traitement du gouvernement, sous la condition qu'ils prêtent serment d'obéissance à la Constitution du Royaume.
Louis Challine, comme la grande majorité des prêtres du Pays Chartrain, accepte de prêter le serment civique, bien que celui -ci ai t été condamné par le Pape et une partie du clergé français. Il percevra un traitement annuel de 1 000 livres.
 
Le serment de la liberté et de l'égalité (1792)
 
Le 6 octobre 1792, alors que la querelle religieuse entre prêtres constitutionne1s et prêtres réfractaires fait rage, il doit prouver son patriotisme en prêtant un nouveau serment dit « de la liberté et de l'égalité " sous peine d'être démis de ses fonctions :
 
«  L’an 1792, le quatrième de la liberté et de l'égalité, le premier de la République Françoise, après la lecture, publication et affiche et même pour une plus grande publicité, de la lecture faire au prosne de la messe paroissiale le dimanche trente septembre de la loy publiée à Paris le 14 mars 1792, l'an quatrième de la liberté, qui ordonne que tout françois recevant traitement ou pension de l'Etat sera sensé y avoir renoncé irrévocablement, s'il ne justifie que dans la huitaine de la publication de la présente loy, il a prêté devant la municipalité de son domicile le serment suivant :
Je jure d'être fidèle à la Nation et de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir en la défendant. Nous citoyens maire, officiers municipaux, procureur sindic et notables de la commune de Houx, canton d'Epernon, district de Chartres, département d'Eure-et-Loir, certifions que le citoyen Louis Challine, curé de notre paroisse, a en présence de nous, convoqués et assemblés à cet effet, au lieu ordinaire de nos assemblées municipales, presté le susdit serment, en ses propres termes cy dessus énoncés et l'avoir reçu et enregistré à Houx, ce 2 octobre 1792; l'an quatrième de la liberté et de l'égalité et le premier de la République Françoise. »
 
Signé : Gauthier, maire, Challine, curé de Houx, Jacques Baurain, officier Jean Prévost, officier, Poussard et Philippe Blin, notables.
 
La déchristianisation
 
L'automne 1793 voit le développement d'un vaste mouvement de déchristianisation (toute manifestation extérieure du culte est interdite, puis les églises sont fermées). Louis Challine choisit alors d'abdiquer de sa charge de curé de Houx, sans toutefois renoncer à la prêtrise et se retire à Chartres.
 
En 1803 après que la liberté de culte air été rétablie, la paroisse de Houx sera supprimée et réunie à celle de Yermenonville.
 
VI-  L'effort de guerre
 
La guerre déclarée par la Convention au printemps 1792, va créer un énorme besoin non seulement en hommes mais aussi en matières premières. L’armée de la République a besoin de métaux pour forger fusils et canons et de salpêtre pour fabriquer de la poudre
 
La collecte des métaux
 
En mai 1794, l'église à présent désaffectée et le cimetière, sont dépouillés des objets métalliques qui s'y trouvent :
 
Conseil général, séance du 21 floréal an Il (10 mai 1794).
 
«  Le conseil général, assemblé en la maison commune de Houx, après avoir entendu expert national de la ditte commune, qui a dit qu’il étoit nécessaire d'envoyer toutes les grilles de fert et cuivre, plomb et étain, qu'il peut y avoir dans la ci-devant église, au district de Chartres, le plus promptement qu'il sera possible, dont la déclaration en suit, les objets énoncés cy  après.
 
Articles :
 
La grille du cœur, en fert.
 Plus la grille de l'entrée du cimetière, en fert.
 Plus tous les ferments de la cloche que l'on a rendue à Chartres.
Plus la croix en fert du cimetière.
Plus le fert de la croix d'au dessus du clocher, avec le cocq
Plus un buste en plomb.
Plus quarte burettes d'étain.
Plus deux plats en cuivre, qui servent à quêter dans la cy  devant église.
Plus une cravatte en soie, garnie et frangée d'or, avec deux glands à fil d'or.
Le conseil général certifie que ledit inventaire est véritable en tout son contenu.
 
Fait et arrêté en la chambre commune dudit lieu, lesdits jour et an que dessus. »





L'atelier de salpêtre

 
Dès l'automne 1793 est créé un atelier de salpêtre, que dirige François Button, 32 ans et où travaillent femmes, enfants et indigents du village.

Le procédé utilisé pour recueillir le salpêtre est le suivant : Les vieux murs sont lavés. La lessive en résultant est ensuite chauffée, pour isoler le salpêtre par évaporation.


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