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L'église Saint Léger



L'église et ses alentours


L’église de Houx, dédiée à St-Léger, évêque d’Autun martyrisé au 7ème siècle, a été fondée par les chanoines du Chapitre de Notre-Dame de Chartres, avec l’appui des seigneurs de Houx. La construction originelle peut être datée du 12ème siècle, ainsi qu’en témoigne l’existence de baies romanes subsistantes réalisées en pierre de Germonval.
 
En raison de cette fondation, les chanoines percevaient la moitié des grosses dîmes tant de grains que de vins (1480) et avaient droit de présentation, c’est à dire choisissaient le curé. Les seigneurs de Houx, quant à eux, bénéficiaient de l’autre moitié de ces dîmes (1497).
 
En 1537, après une série de procès avec le curé, le chapitre abandonne à ce dernier le quart des grosses dîmes.
 
En 1570, un arrêt du Parlement de Paris rétablit le Chapitre dans son droit de percevoir la moitié des grosses dîmes de la paroisse.
 
Au 17ème siècle, à la suite de l’augmentation de la portion congrue décidée par l’autorité royale, le chapitre préfèrera finalement abandonner ses dîmes au curé. Le seigneur de Houx faisant de même.



St-Léger, patron de la paroisse (retable, huile sur bois –17ème s)

Baie originelle romane (12ème siècle – pierre calcaire de Germonval

Baie originelle romane (12ème siècle – pierre calcaire de Germonval

16ème siècle
 
L’église semble avoir fait l’objet à cette époque d’une reconstruction partielle (baies Renaissance en grès réalisées sur le mur sud), peut-être à la suite de destructions liées aux guerres de religion. La découverte d’une statue décapitée représentant St-Léger, retrouvée murée dans le chœur, lors de travaux réalisés après la seconde guerre mondiale, plaide également pour cette hypothèse.
 
La différence des matériaux utilisés pour la construction du chœur (chaux et moellons de grès) et celle de la nef (argile et silex de marne) pourrait s’expliquer par le fait que, selon l’usage, l’entretien du chœur incombait en général aux gros décimateurs (Chapitre et seigneur, au cas présent), tandis que celui de la nef était à la charge des habitants.



L'église St Léger, au fil de l'histoire


16ème siècle
 
L’église semble avoir fait l’objet à cette époque d’une reconstruction partielle (baies Renaissance en grès réalisées sur le mur sud), peut-être à la suite de destructions liées aux guerres de religion. La découverte d’une statue décapitée représentant St-Léger, retrouvée murée dans le chœur, lors de travaux réalisés après la seconde guerre mondiale, plaide également pour cette hypothèse.
 
La différence des matériaux utilisés pour la construction du chœur (chaux et moellons de grès) et celle de la nef (argile et silex de marne) pourrait s’expliquer par le fait que, selon l’usage, l’entretien du chœur incombait en général aux gros décimateurs (Chapitre et seigneur, au cas présent), tandis que celui de la nef était à la charge des habitants.



Statue décapitée de St Léger (statue représentant un évéque) retrouvée en 1950, elle était emmurée dans le mur du coeur.

Baie renaissance en grés (mur sud)


Cliquez pour agrandir

Les registres paroissiaux mentionnent pour la première fois Tableau du retable représentant St-Fiacre (huile sur bois, 17ème siècle)

1631

Les registres paroissiaux mentionnent pour la première fois l’existence d’une confrérie de St-Fiacre dédiée au patron des jardiniers.
 
Au 19ème siècle, la dévotion au culte de St-Fiacre remplacera celui de St-Léger. Une fête patronale lui sera dédiée, laquelle perdurera jusque dans les années 1950.


La bannière patronale (offerte par Pierre Paul Prévost, cultivateur et conseiller municipal, vers 1830)

1641
 
Michel de Champront, seigneur de Houx, offre une cloche à l’église. Le curé Claude Dorinière, note au registre paroissial :
 
Le jeudy vingt et ungiesme jour de febvrier mil six cent quarante et ung, a esté donné céans une cloche par noble homme Monsieur Messire Michel de Champrond, naguière Président aux Enquestes et présent Conseiller en la Grande Chambre du Parlement de Paris, seigneur de Hanches et de Houz. Laquelle cloche a esté béniste avec et suivant les cérémonies ordinaires de nostre mère Ste église et suivant le rituel de Monseigneur de Chartres.
Icelle a esté nommée Michelle par noble homme Michel Jumeau, archer des gardes de la porte du Roy nostre sire et honneste fille Marie Blottière, fille de discrette personne Samson Blottière [receveur de la seigneurie] et Jeanne Buisson.
 
 
1756
 
Décès de Jean Trassard, curé de Houx. Il lègue la majeure partie de ses biens meubles pour le soulagement despauvres et surtout les pauvres malades de sa paroisse, émettant le vœu que le produit de leur vente soit affecté à la réalisation d’une fondation. En 1757, le Parlement de Paris ordonne qu’un capital de 4 000 livres, négocié entre les habitants et les héritiers de l’abbé, soit placé en une rente assise sur les revenus du Roi. L’année suivante, un nouvel arrêt du Parlement institue une Charité des Pauvres et réglemente son fonctionnement: Un procureur de charité, élu par les habitants, disposera chaque année d’une somme de 200 livres pour soulager les nécessiteux du village. La désignation des bénéficiaires sera confiée au curé.
 
 
1765
 
Afin d’abriter les fonds et titres de la Charité des Pauvres et ceux de la fabrique paroissiale, les habitants décident de faire installer dans l’église un coffre fort de bois garny de fer qui sera enclavé avec des harpons de fer scellés en bon ciman et en plâtre dans l’épaisseur du mur du chœur.
 
 
1781
 
La fabrique paroissiale disposant de deniers oisifs, les habitants décident de faire installer une grille en fer entre le chœur et la nef, ce qui en feroit l’ornement.
 
 
1790
 
L’inventaire réalisé par la première municipalité, suite à la loi sur les biens nationaux, nous apprend que le mobilier principal est constitué :
Du maître autel avec un beau tableau, monté sur deux piliers
Deux petits autels dans la nef [l’un dédié à la Vierge, l’autre à St-Sébastien]
Les fonts baptismaux
La tablette
Le banc d’œuvre en coffre, son siège en lambris et mur d’appui
Un confessionnal
Une chaire à prêcher
16 bancs et banquettes
Une armoire en lambris servant à abriter les bannières
Dans la sacristie, une armoire de bois de chêne
 
 
1794
 
Après le départ de Louis Challine, dernier curé de Houx, la municipalité doit envoyer la cloche au district de Chartres pour être y être fondue. La grille du chœur, la grille d’entrée et la croix en fer du cimetière, ainsi que la croix et le coq du clocher subissent le même sort. L’église, à présent désaffectée, est transformée en atelier de salpêtre.
 
Le presbytère, situé à l’emplacement de l’actuelle mairie-école, est vendu comme bien national, à deux particuliers. Il en est de même de la petite maison située au nord du cimetière, dévolue au bedeau.
 
 
1803
 
La paroisse de Houx est supprimée et rattachée à celle de Yermenonville. Les habitants adressent une pétition au Préfet et à l’Evêque, demandant le rétablissement de l’église en église paroissiale. La municipalité propose de verser au desservant une somme de 300 francs de pension annuelle qui serait prise sur les revenus d’une partie de la pâture commune de la Voise, laquelle vient d’être partagée entre les communes de Houx, Yermenonville, Mévoisins et Maintenon.
 
Des travaux de charpente, couverture, maçonnerie et « vitraux » sont engagés. Le clocher retrouve un coq.


projet de barrière en bois entre le chœur et la nef

1822
 
La municipalité envisage, cette fois-ci, de procéder à la restauration de l’intérieur de l’église. Les travaux prévoient notamment le rétablissement de l’autel, l’installation d’une barrière en bois entre le chœur et la nef, de stalles dans le chœur et de bancs dans la nef. On compte une nouvelle fois sur la mise en réserve d’une partie de la pâture de Voise pour financer l’opération.
 
Le projet faisant l’objet d’une très vive opposition de la part des habitants du hameau de la Villeneuve, proches bénéficiaires du droit de pâture, ce n’est qu’en 1829 que l’église peut enfin être réouverte au culte, sans toutefois retrouver son rang d’église paroissiale.

1831
 
La commune acquiert la moitié de l’ancien presbytère. Cet achat a pour but de permettre la fourniture d’un logement au curé, au cas où la cure serait rétablie. Dans l’attente de cet évènement, le bâtiment est affecté provisoirement à une salle de classe et à un logement pour l’instituteur.

Ci-contre : Plan de division des bâtiments de l’ancien presbytère en 1831, En rose foncé, emplacement de l’actuelle mairie école

1837

Une cloche est installée dans le clocher.
 
La dédicace de cette dernière indique que celle-ci, prénommée Louise Pierre a été bénite par Jean Baptiste Maillard, curé de Yermenonville et de Houx et a eu pour parrain et marraine Jean Charles Alphonse Legoy et Marie Esther Legoy (fils et nièce de Louis Charles Legoy, maire de Houx).
 
Le nom de Pierre Ambroise Pesnel, charron et adjoint au maire termine la dédicace, probablement à titre de marguillier de la fabrique.

Louis Charles Legoy (1788-1848), maire de Houx de 1814 à 1843 est à l’origine de la réouverture de l’église en 1829


Plan de l’ancien presbytère et de l’église en 1846 (Archives départementales d’Eure et Loir)

1845
 
La paroisse de Houx est rétablie par ordonnance royale, mais demeure desservie par le curé de Yermenonville ou celui de Gas.
 
 
1846
 
La commune qui souhaite qu’un desservant en titre soit nommé, acquiert dans ce but la seconde partie de l’ancien presbytère. Dans l’attente, l’ancien bâtiment d’habitation sert désormais de classe et d’habitation à l’instituteur. L’ancienne écurie du curé devient la mairie.


L’église et le cimetière de Houx en 1859 (gravure de Claude Sauvageot)

1852
 
Le préfet d’Eure et Loir fait procéder à l’inventaire des bâtiments communaux du département. Lors de sa visite, l’agent voyer cantonal indique dans son rapport :
 
« L’église se compose d’une nef, le chœur qui n’est que la continuation de la nef, n’est séparée de celle-ci que par une marche, avec une balustrade en bois. Le fond du chœur est décoré d’un autel extrêmement simple. Le chœur et la nef sont couronnés par un lambris en bois en arc de cercle.


L’église est éclairée par 7 ouvertures, dont 4 sur la face du sud, sont de forme ogivale et 3 sur la face du nord, en arc de cercle très surbaissé. Il n’y a aucuns vitraux. La nef et le chœur sont traversés de 5 traits en bois presque bruts. Les murs sont construits en maçonnerie de moellons. La charpente est en bois dur de différentes essences. La couverture est en tuiles.


Le clocher est élevé sur le versant sud dans le bout ouest de l’église. Il est d’une forme peu élégante. Il est en charpente et couverts d’ardoises. »


Plan de division de la parcelle à acquerir (archives départementales d'Eure et Loir)

1859
 
La commune décide d’acheter aux époux Chicot une fraction du jardin de l’ancienne maison du bedeau, situé au nord de l’église, pour permettre la libre circulation autour de cette dernière. Cette acquisition sert finalement à agrandir l’ancien cimetière qui était situé devant l’église.
 

1866
 
Projet de construction d’un bâtiment neuf à usage de mairie école dans le jardin de l’école qui aurait permis à l’ensemble des bâtiments de l’ancien presbytère de retrouver leur fonction d’origine. Dans l’attente d’une décision de l’évêché sur le rétablissement de la cure, le projet ne voit pas le jour.

1873
 
La commune décide de faire raser le bâtiment d’habitation de l’ancien presbytère, jugé vétuste et malcommode, afin de faire édifier à sa place l’actuelle mairie école (travaux terminés en 1876). L’évêque de Chartres proteste, indiquant qu’il n’a pas renoncé à doter l’église de Houx d’un desservant en titre.
 
La mairie, ancienne écurie du presbytère, devient la buanderie de l’instituteur.



Les travaux de 1873 : En noir, les bâtiments existants. En rouge les bâtiments à créer

Façade de la nouvelle mairie-école (1873-1876) (Archives départementales)

1912
 
L’ancien cimetière, pour sa partie désaffectée située devant l’église, est transformé en place publique. L’ancienne écurie qui servait de buanderie est abattue et le mur de clôture sur lequel elle était appuyée est remplacé par une grille, afin selon le souhait de la municipalité, de mettre en valeur la mairie école.
 
Une nouvelle buanderie, ainsi qu’un cellier à l’usage de l’instituteur, sont construits au chevet sud de l’église.


L’église, la mairie-école vue du coteau, vers 1950

1945
 
L’ancienne maison du bedeau et sa grange est acquise par la commune. Les bâtiments sont rasés, afin d’agrandir la place de l’église.


L’église et la mairie-école vers 1950

Philippe ROGER/Mairie de Houx (28-6-2010)






La restauration de l’église St Léger de Houx


Diagnostic de l'église de Houx novembre 2003
Taille : 3573 ko - Dernières modifications : 11/03/2009

Pour souscrire auprès de la fondation du patrimoine en indiquant : église de Houx (Eure et Loir)
Taille : 253 ko - Dernières modifications : 18/02/2009

La souscription

Les travaux de restauration


La cloche "Louise Pierre" lors du démontage du clocher décembre 2008

1. Les Travaux de Maçonnerie ont été confiés à l’entreprise Quelin à Mignière pour la somme de 94337.09 €. Ils comprenaient : le piquetage des murs afin d’enlever l’ancien crépis, le nettoyage des pierres, y compris sur la façade recouverte de ciment (matériau qui ne respire pas).

Nous avons renforcé la partie haute (très abîmée) en coulis de sable et chaux, ce qui n’était pas prévu à l’origine; ainsi que l’ensemble des façades crépies au mortier de chaux à pierres vues.

2. La Charpente a été attribuée à l’entreprise Peltier de Voves pour la somme de :
 53410.42 €  le clocher a été démoli et refait à neuf. Il a aujourd’hui une très belle ossature en chêne, il est accompagné d’un beffroi qui soutient la cloche.

3. La Couverture est assurée par l’entreprise Chevreau, Pour une somme de 54217.78 € Cela comprend les 2/3 de la nef et le clocher. La toiture du clocher est en ardoises cloutées avec du cuivre.  Les côtés sont en essentes de châtaigner fixés au cuivre.  Une grande partie des tuiles existantes seront reprises le reste sera fourni par l’entreprise.

4. Le coq, le paratonnerre et le système d'horlogerie qui fera sonner la cloche sont attribués à l’entreprise Denizet dans le Loiret, pour la somme de 5579.24 €.

5. Le choix des vitraux (voir l’image ci-dessous) à fait l’objet d’un concours de vitraux d’art. Ils sont réalisés au moyen d'une nouvelle technique : le thermoformage, le verre est trempé dans un bain à très haute température. Il est plus résistant et son travail est facilité sur de plus grandes surfaces. L’atelier Vitrail France du Mans a été le lauréat du concours, la conception est l’œuvre de Monsieur Emmanuel PUTANNIER Peintre Verrier. Le coût est 12629.03 €

De plus, s’ajoute le coordinateur de sécurité : M. POTIER pour 1184.04 €. 

Enfin, les prestations de Monsieur François SEMICHON architecte à Chartres, dont la connaissance et la passion pour les bâtiments anciens est pour nous indispensable, s’élèvent à 26239.65 € .
 
Plan de Financement : Montant total (TTC) = 247 597 €

Subventions Région = 15 200 €   Département  = 22 860 €  Fondation du Patrimoine = 33 657€       Dons   (1er tranche) = 8 814 €

Part Communale : 1) emprunt Arsi taux 0% =  141 372 €,   2) autofinancement  = 23 364 €     FC TVA = 31 053 €

(Mars 2009)


L'atelier Vitrail France a été le lauréat du concours des vitraux, l'oeuvre est de M. Emmanuel PUTANNIER Peintre Verrier (février 2009)


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